15 mai 2007
Escapade parisienne
Départ. Par peur d'être en retard, j'arrive Gare Lille Flandre une heure à l'avance. Cher et Tendre est avec moi. Il porte mes valises. Quai annoncé. Un dernier baiser.
Me voilà dans le train. Dans une heure, je serai à une heure de lui. A une heure de Lille. Je m'installe. Je suis à côté d'un homme. 45/50 ans. Musicien, ça se sent. Gay, ça aussi, ça se sent. "C'est vous qui disiez au revoir à votre ami sur le quai ?" Oui. Pourquoi ? Il me dit qu'il admire. Il me félicite pour mon courage. Qu'il aimerait voir ça plus souvent. Que ça banaliserait. Je lui rétorque que ce n'est pas du courage. Juste un bisou.
Une heure de train. Une heure avec Vogue et Michael Bublé. Avec Diana Krall et Nat King Cole. Alors le trajet passe rapidement.
La pluie passe, les nuages se lèvent au fur et à mesure que la destination approche.
1er coup de massue lorsque le contrôleur me demande ma carte d'identité pour justifier mes moins de 25ans.
"Vous trouvez vraiment que j'ai l'air d'avoir plus de 25ans ?"
Evidemment, pas de réponse. Salaud. Ou alors, ferai-je moins de 12 ? Je sais pas ce que je préfère...
2ème coup de massue : je me perds dans Paris. Moi qui connaissais si bien cette ville, qui prenais du plaisir à faire Gare du Nord - rue des Archives à pied, afin de faire remonter les souvenirs et les sensations au fur et à mesure, et qui ne me trompais jamais, je me retrouve devant le Grand Rex...
O. ne sera pas là avant 19.30 minimum, donc à la limite, j'ai que ça à faire, me perdre. Mais quand même. Mon pull Bill Tornade, très adapté au climat lillois et au demeurant très joli, me donne très chaud.
Enfin, cette rue. La rue. J'ai chaud et réalise que j'ai trois sacs pour trois jours. Comment font les vrais gens ?
Pas de place à l'Open ni aux Marronniers. Je continue ma route jusque place du Bourg-Tibourg. L'Etincelle. Un Perrier. Un coup de fil à C&T. C'est l'été ici. Cigarette. Il me manque déjà un peu. 7€80. J'attends. Re iPod, re Perrier. Quelques mots sur un bloc. Pour ne pas oublier. Cette note sera longue...
C'est parti pour une nouvelle escapade parisienne.
Toute escapade commence par un dîner, il faut bien prendre des forces. Les Marronniers avec O.. José Bové's burgers et vin. On rattrape les derniers jours sans nouvelles. Son T., mon C&T. Moi ça va vite : tout va bien. Alors je l'écoute. Elle est accrochée, la cocotte. Et c'est pas forcément son cas, à lui. Alors je l'invite à procéder au remède radical : Cosmopolitans.
Spaghetti Bar. On parle beaucoup. On boit et on fume aussi. Trop. Beaucoup trop. Je sors ma carte bancaire sans trop comprendre le montant. Vu l'état, je ne comprends de toutes façons plus grand chose. Il est 03.00. Je gerbe. les quatre ou cinq Cosmos repassent. Horrible. L'escapade commence bien...
Demain sera un autre jour.
Le "demain" arrive néanmoins beaucoup trop vite à mon goût. Si je suis en vacances, O. pas. 08.00 du matin : un réveil et pas de rideaux. Envie de mourir. Envie de dormir. Aucun des deux ne sera exaucé.
Une douche, des vêtements, café au Starbucks en bas, rue des Archives. Il fait très beau. Trop chaud. Je décide qu'aujourd'hui je serai infidèle. Paris sera ma maîtresse. Je choisis l'adultère et laisse mes chaussures et mon coeur vagabonder dans cette ville.
Le Marais, L'Elysée, les Champs, le Louvre, rue de Rivoli d'un bout à l'autre, avenue Montaigne, les Tuileries, Georges V, Concorde, Opéra, les Halles, place Vendôme, Notre Dame, les ponts, les ponts, les ponts, rue St Honoré, rue du Faubourg St Honoré, rue Cambon, déjeuner au Café Ruc, Colette, Gucci, American Apparel. Des Tshirts, des polos, un cardigan. J'use mes semelles et ma C.B.
Paris. Il y a un jenesaisquoi dans Paris qui vous donne le sentiment que vous êtes à la fois totalement anonyme et donc totalement libre, et en même temps, vous êtes le roi du monde. Roi du monde totalement libre. J'aime bien.
Retour dans le Marais. Je recroise G., ancien amant. Toujours aussi joli, mais paradoxalement moins attirant. Il me reconnaît, m'invite à sa table. Il me parle de son mari, je lui parle du mien . Un futur attaché de presse face à un futur journaliste. Alors on parle boulot. Politique. Je me dis que l'amour fait quand même des ravages. Ne pas ressentir de désir pour lui. Et pourtant Dieu sait s'il est beau, le salaud.
On se change. Pour la quatrième fois de la journée. Et on court. Opéra, retrouver S.. C. me téléphone. Enfin. Tout mon emploi du temps étant booké, mes soirées occupées, je ne sais quand j'arriverai à le voir. Alors il m'engueule. Parce qu'il n'a pas compris que je partais samedi et non lundi, parce que je n'ai pas tourné à la bonne rue, parce que je dîne avec d'autres personnes le soir même, parce qu'il est dans les bouchons. Et, cela va sans dire, tout est de ma faute. J'aperçois S.. Je ne peux m'empêcher un cri. Elle est éblouissante. J'annonce à C. la fin de la conversation. Alors il râle à nouveau.
Rue Edouard VII, Bertie. Un Chardonnay pour elle, une Ferrarelle pour moi. Dans cette rue si sublime, avec S., si splendide, à déguster des toasts de fois gras et à se raconter nos diverses péripéties en riant, je ne vois plus le temps passer. Si joli lieu, si joli moment. J'aurai du partir vingts minutes plus tôt...
Coup de fil : "Je serai en retard..." Ca, tu crois pas si bien dire.
Dîner avec La Fée et en première avec Ditom. Pendant tout le trajet, je prépare mentalement ma tenue, je me fais une joie de revoir ma Fée, j'imagine Ditom. Puis je cours. Je sors à la mauvaise station, alors je cours.
Arrivée en trombe chez O.. Douche rapide, trop en retard pour pouvoir porter les chaussures prévues. Donc on change tout. Puis à nouveau. Puis encore. Toujours pas ça, mais ça ira. On court. Encore. Métro. Métro. Course. Téléphone. "J'y suis !"
Et il clâme ça avec fierté. Avec quasiment une heure de retard...
Les 3 petits cochons. Petit bouiboui en briques apparentes. Joli cadre, très joli serveur. Les autres clients, par contre, c'est une catastrophe. Pétasses vulgos à la table derrière, vieilles dindes à côté. Je suis entouré des deux meilleures personnes du resto. Et de la blogosphère.
Dîner agréable, beaucoup de rires et de découvertes. Je parle beaucoup. Trop, en fait. C'est presque du non-stop. Entre pleins de choses à dire et du stress à masquer. Pourtant, je suis détendu. Mais pas trop. Être naturel, tout en se demandant comment l'autre nous trouve. Être à l'aise tout en étant nerveux. Être à l'écoute, tout en parlant sans cesse. Ne pas réfléchir à ce que l'autre peut penser, tout en ne pensant qu'à ça.Se retrouver fâce à l'incarnation de la gentillesse multipliée par deux, c'est assez flippant. Surtout quand on ne l'est pas forcément soi-même. Dîner vraiment très agréable. Je leur propose d'ailleurs de continuer la soirée en allant boire un verre. Mais tout le monde n'a pas 24 ans, et il est presque 02.00.
Vendredi. J'arrive cette fois à dormir. Levé à 13.00, j'appelle mon C&T.
Starbucks. Promenade aux Tuileries. Galeries Lafayette. Beaubourg. Des boulevards, des avenues. Des rues et des ruelles. Je marche encore. J'ai faim. Je me perds dans l'immensité de cette ville, qui me semble soudain d'une échelle plus humaine. Je regarde les amoureux qui se bécottent sur les bancs publics. Les enfants qui jouent. Les messieurs qui sont beaux, et les filles qui bronzent. Visite du Louvre. Je m'abandonne à ce musée. M'y paume, un peu aussi. Comment se fait-il que tous les plus beaux hommes de Paris sont au Louvre, et non plus dans le Marais. Bon à savoir...
Je sors, il pleut. Je suis en sandales et en Tshirt à col V si profond que les gouttes me chatouillent le ventre. J'appelle O. pour connaître le programme de la soirée : toujours pas eu le temps de faire les courses, donc toujours rien à bouffer. Donc resto.
On se dirige vers le Trésor. Mais on est stoppé devant l'Oiseau Bariolé : deux mojitos pour le prix d'un. Je crie. Un mojito, voilà ce qu'il nous faut ! Mojitos, mojitos, et on repart vers le Trésor.
Joli lieu, joli cadre, dans une jolie rue, un joli décor et de jolis serveurs. Le Trésor rue du Trésor : tout est parfaitement nommé. Bonne bouffe, ambiance feutrée. Mi dehors, mi dedans, on reste là jusque 1.30. Le personnel est d'une gentillesse et d'une attention époustouflante. L'addition même pas élevée. Je suis déjà fan. Une place to be parisienne.
On file vers notre place to be favorite, histoire de se taper un dernier cosmo. Je resterai néanmoins plus sage que la dernière fois. Je suis surpris de voir une nana parmi le staff. Et prend soudainement conscience que je suis en train de la fixer. "Vous avez fait votre choix ?" Ah non non... "Pardon, je voyais que vous me regardiez, donc j'ai cru...
- Non non, je vous regardais par curiosité !"
La honte...
04.24, enfin couchés. Et dire que je dois me lever pour voir C. à 10.30...
10.35, j'ouvre un oeil. Attrape mon téléphone. "Plutôt 11.30. Des bises" Evidemment, c'eut été trop beau. Levé, lavé, sapé en catastrophe. Il fait déjà très beau. Très chaud. Gueule défoncée, je cours jusqu'au Starbucks. Il est là, il fait déjà la queue, il me voit, il râle. "Tu es en retard. Remplace moi. Un chocolat viennois et un muffin banane, merci." Médusé, je le regarde, aller s'asseoir. On rêve...
Une heure en sa compagnie, trois cafés, une peluche en tablier Starbucks en cadeau, un tour au BHV, un café avec lui et E., son mari, et je ertrouve O.. Shopping. On entre chez Joseph, puis chez Colette.
Bon son, beautiful people, amazing clothes. Je me fais gentillement draguer par un vendeur dont le but ultime est de ressembler à Elvis, version couture. O. fantasme sur sacs, chaussures, messieurs. J'avoue que moi pareil, un peu. Je flashe sur un jean. J'essaie. J'adore. April 77. Slim. J'achète. Je viens de m'acheter un jean chez Colette. Complètement n'importe quoi. En sortant, j'évite de justesse Doc Gyneco et son énorme bonnet.
Passage au Publicis Drugstrore, puis retour dans le Marais. Fallafel, assis dans le parc rue des Blancs Manteaux. Des papas, des gamines. Eric Judor et sa fille. C'est pas mauvais les fallafels.
Il est temps de repartir. Faire ma valise. Prendre mon train. J'appelle A., pour la soirée prévue le soir même. Elle convainc O. de revenir avec moi sur Lille. On va rater le train. On court on court on court. J'ai chaud. Enfin assis dans le train !
Retour au village. Arrivée Gare Lille Flandre. A. et L. sont là. C&T aussi. Il m'a tellement manqué que je lui saute au cou. Il est beau. Il sent bon. On s'embrasse. Il est venu chercher mes bagages pour que je passe ma soirée tranquille. Il repart. Nous on file à l'At Home.
La vie continue, la soirée aussi... Jusque 06.00.
13:35 Publié dans Tribulations d'un Lillois hors de Lille | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : Lille, Paris, Lillois, gay, journal intime, homosexuel, un lillois à Paris



Commentaires
J'ai un costume Bill Tornade et une cravate Kenzo pour ce soir... On sera assortis!
Ecrit par : Ditom | 10 mai 2007
comment font les gens? je ne sais pas....je misere aussi pour faire ma valise( 30kgs ce n'est pas assez!!!)...retour au moyen-orient avec le temps qu'il fait à Lille je suis sure de ne pas être habillée pour le climat une fois arrivée sur place...pas envie de partir...j'aime ce temps...sauf la pluie...
Amuse toi bien!
Ecrit par : Leila | 10 mai 2007
Bon bah j'ai raté mon train....ça ne fait que 65 fois que je remets ce depart...ca attendra dimanche maintenant...bah oui pas de place sur le vol de demain...grrrr, à croire que je ne devrais pas partir...en plus je me suis pris une belle gamelle sur mes stiletto heels...non mais des fois que je croise goerges clooney jprefere être à mon avantage...avec une jambe cassée! Et pour info, 30kgs c'est très lourd!!! Bon j'arrete de parler de ma life sur un blog qui n'est pas le mien...parce que en plus, je crois que pas mal de monde s'en moque!
Allez en paix!
Leila
Ecrit par : Leila | 11 mai 2007
7 euros 80 pour un perrier !!!! c'est une blague ?
Ecrit par : chloe | 14 mai 2007
smouirk my best Lillois ...
Ecrit par : la Fée | 14 mai 2007
je retire le smouirk connasse .... ;-p
Ecrit par : la Fée | 15 mai 2007
ça c'est Paris, le speed, le temps de rien, le manque de sommeil, les rencontres, la liberté et qu'est-ce que c'est bon ! :-)
Ecrit par : Léna | 15 mai 2007
@ Ditom : la rencontre se fût sans cravate, mais je ne la regrette pas pour autant :)
@ Leila : courage ! Moi je te lis :)
@ chloe : à qui le dis-tu....!
@ La fée : Smouirk aussi
@ la Fée bis : ah ben non...! ;-)
@ Lena : oh que oui ! :)
Ecrit par : T. | 15 mai 2007
éh moiiiiiiiiiiiiiiiiii !!
Bon ok j'ai compris on m'aime pas :-(
pas grave ! snif snif snif snif
j'habite Paris tout de meme on aurait pu se voir avec Ditom (meme sans cravate Kenzo) et La fée (magique en tout circonstance)
Ecrit par : AdaM | 15 mai 2007
Oh! Tu me flattes... Mais je ne suis pas si gentil que ça tu sais! La prochaine fois nous serons plus apaisés, moins fatigués... Et tu auras toujours d'aussi jolis yeux (tant mieux!)
Moi non plus je n'ai pas vu la cravate, il va falloir que tu te shootes avant d'aller bosser ;-)
Bisous petit lillois.
PS: t'es quand même une pétasse;-) et tu n'auras pas 24 ans toute ta vie (tu verras, le passage à 25 est terrrrrrrrrrrrrrrrible!)
Ecrit par : Ditom | 15 mai 2007
@ AdaM : désolé m'sieur, mais comme tu as pu le constater : séjour assez rempli. Et ai même pas pu profiter de chacun...
Anther time ! :)
@ Ditom : rhhooo, arrête ! Tu es très gentil ! Trop, p'têt, même ! ;)
Merci pour le compliment, et merci de me rappeler que mes 25 ans approche. In fact, tu as raison, tu n'es pas SI gentil que ça... :])
Ecrit par : T. | 15 mai 2007
Merci! ;-x
Ecrit par : Leila | 15 mai 2007
Tiens ! Original ce choix de restaurant puisque nous sommes dans l'année du cochon, selon le calendrien chinois...
Je sors.
Ecrit par : Noa Sensei | 16 mai 2007
en passant après cette belle lecture : que le bisou soit avec toi mon beau!
Ecrit par : Fodsy | 22 mai 2007
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