19 mai 2007
Un vendredi "A"
Certaines journées, comme ça, ont une saveur plus sucrée, une odeur plus suave que les autres jours. Certaines journées sont comme une caresse en sucre sur la joue.
Quoi de différent ? En fait, on sait pas trop. C'est à peine perceptible. Si doux que ça mérite d'être relaté. Mais si subtil qu'on ne sait pas vraiment pas où commencer. Pourquoi pas par la lettre "A", tout bêtement ? "A", donc.
A... Après une semaine de pluie et de grisaille, enfin un vendredi ensoleillé. Après une semaine trop enchanteresse pour être durable, et un retour à la réalité plus que brutal, un vendredi de rien-à-faire qui se profile.
Un week-end prolongé, un déjeuner avec M., un drink avec L., un dîner avec F. et M., un déjeuner avec C., une après midi en institut en prévision, la nuit des Musées, et un dimanche de douce oisiveté, d'heureuse inaction avec C&T.
Je vois rarement M.. Parisien ancien lillois, il est de ces gens avec qui chaque déjeuner est un délice. Moment merveilleux où on se sent à la fois joli et intelligent. Ce qui est assez rare pour être réellement apprécié. Rendez-vous Grand Place. Vous vous souvenez de la dernière fois où vous l'avez vu. C'était pour un déjeuner justement. C'était chez Envies de Saisons. C'était fabuleux. C'était épuisant.
Comme la dernière fois, vous arrivez en retard. Comme la dernière fois, vous êtes engoncés dans vos vêtements. Un jean trop slim pour la température, une chemise sous un cardigan. Mais cette fois, pas de mode séduction, et un lunch en terrasse au Basilic Café. Un bonjour à la table d'à côté. Une nana habillée comme toute les nanas, dont je ne me souviens pas du nom. C'est tellement agréable de se retrouver face à un homme qui ne cherche pas à vous foutre dans son pieu à tous prix. Non pas que ça m'arrive souvent, mais il faut reconnaître que je ne me retrouve plus non plus très souvent face à un homme homo autre que mon C&T.
Vous parlez de tout, de rien. Vous exprimez les quelques doutes qui vous animent, vous écoutez les siens. Ca rassure de voir qu'en fait, même à 34 ans, on peut encore être un peu effrayé par les choses à venir, les changements. Vous lui parlez avec passion de votre C&T, de votre job, de votre mémoire à écrire, de l'année prochaine. De Lille, de Paris. Vous l'écoutez aussi. Il est intéressant. Alors, comme la dernière fois, le déjeuner s'éternise et se transforme en café, Grand Place.
Après m'être fait raccompagné jusqu'à la Gare, je réalise après l'avoir quitté qu'il est trop tôt pour rentrer. Profiter de la journée. A quand remonte la dernière fois où je me suis retrouvé seul en tête à tête avec ma ville ? Un passage express à Euralille pour voir L., et je file en rendez-vous avec mon village.
En passant devant chez Méert, je me dis que ça fait trop longtemps que je n'ai pas reçu. J'envoie un mail à C&T de mon téléphone pour lui proposer d'inviter M. et F. à dîner. Puis appelle M.. Je file faire des courses. Ce soir, je me mets aux fourneaux. Ca aussi, c'est assez rare pour être souligné. En pleine recherche pour mon menu, L. m'appelle. En larmes. Elle veut me voir, est dans le village à 19.00. Je n'ose lui dire que je reçois à 21.00, que rien n'est rangé/acheté/préparé, lui donne donc rendez-vous et me dépêche donc à trouver et acheter le repas à servir. Penne au cacao, sauce à l'ail et au mascarpone, et aiguillettes de canard. Et une douzaine de mini-gaufres Méert pour le dessert.
Alors que je me dirige vers Rihour, j'aperçois S. devant moi au téléphone. Il va au théâtre, me demande comment c'est passé le déjeuner avec M., son meilleur pote. Je lui demande de m'accompagner jusqu'à la station de métro, où j'attendrai L.. Et lui fais porter mes sacs. Arrive son pote L., puis le joli vendeur de chez Agnès b., qui connaît ce dernier. Lille est un village où tout le monde connaît tout le monde, et où ceux que vous ne connaîssez pas encore sont des potes de vos potes. Une grande famille. Ma L. n'est toujours pas là, alors que ça fait bien un quart d'heure que je fais le con avec ces messieurs. Je l'appelle. Elle m'attend devant le Furet.
Pour une fille qui a pleuré, je lui trouve une mine splendide, à cette pétasse. On se dirige vers la dernière place to be en date : l'At Home. Au premier étage, affalés dans les canapés, Bourgogne pour elle, Martini pour moi, on se raconte. Ca fait bien quinze jours que je ne l'ai pas vu. J'en étais même venu à me demander si elle ne me reprochait pas quelque chose. Elle me raconte : un nouveau boulot, un nouveau mec (ceci explique cela) dont elle cherche à se débarrasser. Ca babèle, ça babèle. J'arrive chez moi à 20.55.
Douche rapide, les garçons arrivent. Dîner réussi, compliments de la tablée. Je parle à F. de mon idée pour évoluer dans la boîte dans laquelle on bosse tous les deux. J'apprends que si mes compétences sont reconnues ou facilement reconnaissables, mon look peut me porter préjudice. J'écoute. J'avale difficilement la pilule. J'en pleurerai. Bienvenue dans le monde des grands. Celui où votre attitude, votre tenue, votre façon d'être peut être un obstacle plus important que l'incompétence.
Mais je réfléchirai à ça plus tard... Demain... En attendant, la soirée est agréable. Calme et Norah Jones. Volupté.
Le lendemain sera tout aussi doux. A suivre...
20:45 Publié dans Tribulations d'un Lillois sur Lille | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Lille, Lillois, gay, homosexuel, homosexualité, Basilic café, déjeuner



Commentaires
Lille me manque...merci de m'en donner un ptit bout à distance!!
Ecrit par : Leila | 19 mai 2007
"lille est un village où tout le monde connait tout le monde"...nostalgie, mes pensées reviennent vers ma ville.., quand on a aimé lille une fois on l'aime pour toujours.
Ecrit par : Aud | 21 mai 2007
Quoi? arreter? mais c'est quoi cette annonce faite discretement...tu arretes? mais non c'est des betises, un coup de deprime premenstruel...tu peux faire un lillois à paris, un lillois à tombouctou meme, un lillois sur la lune...faut pas arreter...
Ecrit par : Leila | 22 mai 2007
Rhôooo! Tu veux à nouveau nous quitter!!! Si t'es plus lillois, tu pourrras justtement créer un nouveau blog intitulé "Castelroussin", "Carolomacérien" ou "Ponot", selon la ville où tu te rends. Je suis curieux de savoir ce qu'il s'y passe! ;))) Besitos wapo. Disfrute del sol!
Ecrit par : pedro | 22 mai 2007
@ Pedro & Leila : Non, je veux pas forcément arrêter. J'ai deux notes en rédaction, donc, tout va bien...
Juste j'ai jamais vraiment retrouvé le même plaisir en reprenant la première fois. Et je constate en plus que c'est valable des deux côtés, donc à quoi bon s'acharner...?
Ecrit par : T. | 22 mai 2007
euh pour parler de mon plaisir, faut me demander msieur! Hehe! Moi je prends toujours autant de délectation à te lire, meme si je ne poste pas toujours! Alors hein, euh, tu es obligé de continuer! Hihihihi!
Ecrit par : Leila | 23 mai 2007
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